Les achats de services en ligne auprès de sociétés étrangères se sont généralisés : abonnements à des logiciels, hébergement de sites, publicité, contenus numériques, formations à distance. Jusqu’en 2023, une partie de ces prestations échappait en pratique à la TVA marocaine. La loi de finances 2024 a corrigé ce point en revoyant l’article 88 du Code général des impôts (CGI) et en créant un article 115 bis.
Sont désormais réputées faites au Maroc les prestations de services fournies à distance, de manière dématérialisée, par une personne non résidente sans établissement au Maroc à un client qui a au Maroc son siège, son établissement ou son domicile fiscal, ou à un client qui réside à titre occasionnel au Maroc.
La prestation reste taxable au Maroc même si le client se trouve à l’étranger au moment où il consomme le service. La logique est celle du lieu de résidence du consommateur, conforme aux standards internationaux.
Le CGI définit le service fourni à distance comme toute prestation rendue à travers un outil de communication à distance, y compris les biens incorporels et immatériels. La note circulaire n° 735 cite notamment :
À l’inverse, une prestation réservée en ligne mais consommée physiquement à l’étranger (une chambre d’hôtel ou une voiture de location à Paris, par exemple) n’entre pas dans ce champ. Le mode de réservation ne suffit pas à rendre le service dématérialisé.
Le nouvel article 115 bis vise le fournisseur non-résident qui n’a pas accrédité de représentant fiscal au Maroc et qui vend ces services à des clients non assujettis (particuliers notamment). Il doit :
Les modalités d’application de ce dispositif sont renvoyées à un texte réglementaire. Pour le particulier, la TVA a vocation à être incluse dans le prix payé à la plateforme.
Une entreprise marocaine qui paie un service à un prestataire étranger doit rester vigilante sur trois points :
La note circulaire n° 735 illustre la règle par ce cas : un résident marocain, en vacances à Madrid, télécharge sur son téléphone un film documentaire auprès d’une société étrangère sans établissement au Maroc. Prix : 120 dirhams. Pour la DGI, l’opération est réputée faite au Maroc : le client y a son domicile fiscal et le service est dématérialisé.
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