Beaucoup de sociétés marocaines ont cessé toute activité sans être radiées, ni juridiquement ni fiscalement. Elles restent inscrites au fichier des contribuables. À défaut de déclarations, elles sont taxées d’office, et leur dette fiscale grossit d’année en année, souvent à l’insu de leurs associés.
La loi de finances 2023 a créé deux outils pour régler ces situations. Le second, la régularisation forfaitaire, est ouvert jusqu’au 31 décembre 2023. Il reste donc six semaines pour en profiter.
Le nouvel article 228 bis du Code général des impôts (CGI) définit l’entreprise inactive. C’est celle qui, sur les trois derniers exercices clos, n’a respecté aucune obligation de déclaration et de paiement et, d’après les informations de l’administration, n’a réalisé aucune opération.
La procédure est contradictoire. L’administration invite d’abord l’entreprise, par lettre notifiée, à déposer une déclaration de cessation d’activité dans les 30 jours. Faute de réponse, l’entreprise est inscrite au registre des entreprises inactives, et la taxation d’office est suspendue à son égard.
Ce dispositif vise deux catégories d’entreprises :
Le critère s’apprécie sur les quatre derniers exercices. L’entreprise qui veut cesser définitivement son activité doit :
En contrepartie, elle est dispensée de contrôle fiscal sur ces exercices. Les sanctions pour défaut de déclaration et de paiement sont annulées d’office pour les années non prescrites.
Une SARL créée en 2015 pour un projet abandonné n’a plus aucune activité depuis 2018. Elle a déposé ses déclarations de manière irrégulière et n’a payé que le minimum de cotisation minimale certaines années. Ses associés veulent la fermer proprement.
Ils peuvent déposer la déclaration de cessation avant le 31 décembre 2023 et payer 5 000 dirhams pour chacun des exercices non prescrits. La société sort ainsi du fichier avec un coût connu d’avance (hors plus-values de cession d’éléments d’actif et indemnités, qui restent imposables dans les conditions de droit commun), au lieu de laisser courir des taxations d’office et des pénalités qui pèseraient sur la liquidation.
Avant de fermer, il faut se poser la question de la valeur de la société : déficits reportables, contrats, marque, agréments. Une société dormante peut parfois être relancée ou cédée. Mais si elle n’a plus d’utilité, l’année 2023 offre une occasion de la fermer à un coût maîtrisé.
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