Aller au contenu
Tour Océanes 3 – 1er étage, Casablanca Marina · Du lundi au vendredi, 9h00 – 12h30 et 14h00 – 18h30+212 522 261 454 · [email protected] · FREN

Comptabilité électronique et adresse électronique : les nouvelles obligations de l’article 145

Publié le · Procédures · 3 min de lecture

Les liasses fiscales se déposent en ligne depuis des années. La loi de finances 2026 franchit une étape supplémentaire en modifiant l’article 145 du Code général des impôts (CGI), qui régit la tenue de la comptabilité. Elle modifie deux obligations qui existaient déjà, à compter du 1er janvier 2026.

1. Une comptabilité tenue sous format électronique

Le paragraphe I de l’article 145 prévoit désormais que les contribuables doivent tenir leur comptabilité « sous format électronique conformément à la législation et à la réglementation en vigueur ».

Concrètement :

  • la comptabilité tenue à la main, sur des registres papier, n’est plus conforme pour les contribuables concernés ;
  • la formule « conformément à la législation et à la réglementation en vigueur » renvoie aux textes qui encadrent la conservation et la valeur probante des documents électroniques, et à ceux que l’administration pourra prendre pour préciser les formats ;
  • les règles de fond ne changent pas : la comptabilité reste tenue conformément à la législation comptable, et les documents doivent être conservés pendant dix ans.

La loi ne renvoie plus à un texte réglementaire. La note circulaire n° 737 rappelle l’avis n° 24 du Conseil national de la comptabilité du 14 juin 2023, qui fixe les critères des systèmes informatisés et impose la production d’un fichier des écritures comptables (FEC) pour chaque exercice. Les modalités de transmission à l’administration restent à préciser. Il convient de suivre le Bulletin officiel et les communications de la DGI.

2. Une adresse électronique obligatoire

Le paragraphe X de l’article 145, réécrit par la loi de finances 2026, est bref : les contribuables soumis aux impôts, droits et taxes « doivent détenir une adresse électronique de leur choix ».

La loi supprime l’exigence d’une adresse auprès d’un prestataire de services de confiance et étend l’obligation à tous les contribuables, y compris ceux qui ne tiennent pas de comptabilité (CPU, auto-entrepreneurs, revenus fonciers). L’adresse se communique sur SIMPL, avec le formulaire ADC450. Cette obligation complète la réforme de 2025, qui a donné à la notification électronique la même valeur juridique que la notification classique. Une adresse électronique devient donc un canal officiel par lequel l’administration peut vous adresser des actes ayant des effets juridiques, et notamment faire courir des délais.

3. Et la facturation électronique ?

L’article 145 contient aussi, depuis plusieurs années, le principe d’une facturation électronique dont les modalités doivent être fixées par voie réglementaire. À la date de cet article, nous n’avons pas relevé de décret d’application au Bulletin officiel. Méfiez-vous des offres commerciales qui présentent une obligation de facturation électronique comme déjà en vigueur, avec un calendrier précis : seul un texte publié fera foi.

Pourquoi s’y préparer dès maintenant

La dématérialisation de la comptabilité prépare un contrôle fiscal de plus en plus fondé sur les données : rapprochements automatisés entre déclarations de TVA, liasses fiscales, retenues à la source et données bancaires. Une comptabilité électronique bien structurée est aussi la meilleure défense en cas de contrôle.

La check-list

  1. Logiciel : utilisez un logiciel comptable qui permet l’export complet des écritures, du grand livre et des balances dans un format standard.
  2. Pièces justificatives : organisez la numérisation et l’archivage des factures, avec un classement qui permet de retrouver chaque pièce à partir de l’écriture.
  3. Conservation : prévoyez un archivage sécurisé de dix ans, avec sauvegardes.
  4. Adresse électronique : désignez une adresse dédiée aux échanges avec l’administration, surveillée par au moins deux personnes, et déclarez-la sur votre espace DGI.
  5. Procédure : formalisez le traitement des notifications électroniques (enregistrement, échéance, responsable).
  6. Veille : suivez la publication des textes d’application, notamment sur la facturation électronique.

Et pour les petites structures ?

Les commerçants, artisans et professions libérales qui tenaient une comptabilité simplifiée sur papier doivent s’équiper ou confier leur comptabilité à un professionnel. C’est souvent l’occasion de gagner du temps sur les déclarations de TVA et de mieux piloter l’activité.

Nos équipes en expertise comptable accompagnent la mise en place d’une comptabilité électronique conforme, de l’organisation des pièces à l’archivage. Pour en parler, contactez le cabinet.

Sources

  • Loi de finances n° 50-25 pour l’année budgétaire 2026, article 7 (sgg.gov.ma).
  • Code général des impôts, articles 145 et 219-II (tax.gov.ma).
  • Direction générale des impôts, note circulaire n° 737 (tax.gov.ma).

← Toutes les actualités fiscales