Jusqu’en 2024, l’impôt sur le revenu reposait sur cinq catégories : revenus professionnels, agricoles, salariaux, fonciers et de capitaux mobiliers. Un revenu qui n’entrait dans aucune d’elles échappait en pratique à l’impôt. La loi de finances 2025 a ajouté une sixième catégorie, les « autres revenus et gains » (article 22-6° et nouvel article 70 bis du Code général des impôts), applicable aux revenus acquis à compter du 1er janvier 2025.
Il s’agit des revenus évalués par l’administration lors de l’examen de l’ensemble de la situation fiscale d’une personne physique, lorsque leur source n’a pas été justifiée. En 2024, ils étaient classés parmi les revenus professionnels. Ils sont désormais rangés dans cette nouvelle catégorie. Comme auparavant, ils ne donnent lieu ni à TVA ni à taxe professionnelle.
À compter du 1er juillet 2025, ces gains sont soumis à une retenue à la source libératoire de 30 % sur leur montant brut, opérée par la banque ou l’intermédiaire qui intervient dans leur paiement. Ce dernier verse la retenue avant la fin du mois suivant et dépose avant le 1er mars une déclaration nominative des bénéficiaires.
Les gains de jeux de hasard de source marocaine ne sont pas concernés : la loi de finances 2025 a créé à la place une contribution sociale de solidarité à la charge des entreprises de jeux.
C’est la catégorie la plus large, et la plus délicate à appliquer. Elle vise les revenus non spécifiés et les profits occasionnels tirés d’opérations réalisées dans l’intention de dégager un gain.
La DGI a précisé dans sa note circulaire n° 736 ce qui n’entre pas dans cette catégorie, faute de caractère lucratif :
En revanche, un particulier qui achète pour revendre des biens neufs ou d’occasion, ou qui fournit des prestations de services, même occasionnellement, dans le but de réaliser un profit, peut être imposé dans cette catégorie si l’activité ne relève pas déjà des revenus professionnels.
Les contribuables concernés doivent :
La qualification dépend des circonstances, de la nature et de l’origine de chaque gain. C’est une analyse au cas par cas.
Cette catégorie donne à l’administration une base légale claire pour imposer des revenus qui, auparavant, se situaient dans une zone grise. Elle s’inscrit dans le mouvement d’intégration du secteur informel et dans la montée en puissance des recoupements de données, notamment sur les flux bancaires et les plateformes numériques.
Pour les contribuables, le bon réflexe est de documenter l’origine des sommes reçues et, en cas de doute, de déclarer. Une déclaration spontanée coûte toujours moins cher qu’un redressement assorti de majorations.
Nos équipes en conseil fiscal vous aident à qualifier vos revenus et à les déclarer correctement. Pour en parler, contactez le cabinet.